Lola se met dans la peau d’un jeune syrien qui fui vers l’Europe.
Le voyage
Atelier écriture
Dans ce texte, je vais essayer de me mettre dans la peau d’un adolescent syrien qui a fui vers l’Europe.
– 4 octobre 2015 –
Je me présente :
Je m’appelle Alpha. J’ai 16 ans. Je suis heureux. J’habite en Syrie avec ma famille. En fait non, ça c’était avant, je recommence…
Je m’appelle Alpha. J’ai 16 ans. Je suis triste. Je n’ai plus de maison. J’ai perdu une partie de ma famille. C’est la guerre dans mon pays, la Syrie.
Un jour, sans que je comprenne pourquoi, la guerre éclata dans mon pays, la Syrie. Jusque-là, je vivais paisiblement avec mes amis. J’étais heureux, pas riche, mais heureux. Je vivais avec mes trois frères et sœurs, ma mère, mon père et mes deux grands-mères dans une petite maison. Ca, c’était avant.
Maintenant c’est la guerre. Beaucoup de morts. Beaucoup trop de morts, qui n’ont rien fait de mal, mais qui étaient juste là, au mauvais endroit au mauvais moment.
La peur règne dans ma famille. La peur qu’un jour ce soit nous, allongés là, par terre, dans la poussière, le corps sans vie. C’est pour cela que mes parents veulent quitter notre pays. Mais sans argent c’est dur…
– 19 octobre 2015 –
Me voici au port, deux semaines se sont écoulées depuis que je vous ai laissés. Mes deux grands-mères sont mortes, tuées, mon frère aussi. Je suis là, au port, j’attends le bateau. Peut-être qu’il nous sauvera, peut-être qu’il coulera avec nous.
– 9 novembre 2015 –
Trois semaines depuis que j’ai écrit ces quelques lignes…
Le voyage en bateau paraissait long, très long. Moi, mes petites sœurs, mon père et ma mère étions assis par terre, entourés d’une quarantaine d’autres personnes sur un minuscule bateau. La vie à bord n’était pas facile, les conditions d’hygiène atroces.
Nous avons passé deux jours dans ce bateau de la mort, qui heureusement nous emmena – moi et ma famille – sains et saufs, mais à bout de forces, en France.
Depuis une semaine et demie, nous sommes ici, au Nord de la France, dehors sous tente avec d’autres réfugiés. Notre périple n’est pas encore fini. Nous n’avons pas les papiers qu’il faut et il faudra encore parcourir un long chemin avant de les avoir.
J’ai faim et je suis beaucoup trop fatigué. Quand je regarde les familles autour de moi, celles qui ont survécu jusqu’ici, je me dis qu’il leur faudra encore beaucoup de courage pour survivre ici, en France, à attendre, dans cette jungle de Calais.
L’Europe, ce n’est pas le paradis que mes parents m’ont décrit, elle n’est pas comme je me l’ai imaginée. Les Européens nous chassent, ils ont peur de nous et sont remplis de préjugés à notre égard. Ils n’arrivent pas à être heureux avec tout ce qu’ils ont. En fait, ils ne se rendent plus compte de leur bonheur.
Mais je ne perds pas espoir, c’est lui qui me pousse en avant.
Un jour, ma famille vivra de nouveau en paix.
Lola Vernon
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