Nicole incarne dans son histoire un jeune garçon « Jorge », qui comme beaucoup d’autres enfants au Pérou doivent se débrouiller sans l’aide de leur famille. C’est un hymne au courage et à la dextérité de ces jeunes confrontés à la pauvreté et la misère.
Jorge
Atelier écriture
C’était l’hiver, il faisait froid et j’étais à la recherche d’un travail. Je m’appelle Jorge et j’ai 13 ans. Je suis le fils d’un père fumeur et d’une femme que je considère comme ma mère, mais qui n’est pas ma mère. Elle s’appelle Ana. Depuis que j’avais 4 ans, elle s’est toujours occupée de moi. Ana était la serveuse de la maison Chavez, une grande maison réputée et située près de la fameuse place de Huaraz. Malheureusement, cette femme que j’aimais et j’aime d’ailleurs de tout mon cœur, est décédée à causé d’une maladie.
Maintenant, il ne restait plus que mes deux frères, 8 et 3 ans, donc 5 ans d’écart. Le plus jeune souffrait d’asthme et grâce à Dieu le deuxième était en bon santé. Un jour, Ana nous a quittés, sa maladie l’avait obligée à rejoindre Dieu.
Après la mort d’Ana, ma vie a complètement changé, mes frères et moi n’avons pas mangé pendant une semaine et la santé de Carlos, le cadet, s’était détériorée. Cela ne pouvait plus continuer ainsi, mes frères mouraient de faim.
Un jour, peu après la mort d’Ana, mon père a quitté la maison. Je pense qu’il s’est enfui parce qu’il ne voulait pas s’occuper de nous, il refusait d’assumer son rôle de père, ou bien sa dépendance des cigarettes avait complètement pris le dessus.
C’est ainsi que j’ai dû quitter l’école pour commencer à travailler, pour pouvoir gagner de l’argent, pour nourrir mes frères. Aujourd’hui, je suis donc mère et père. Heureusement, j’ai décroché un travail de balayeur dans une église qui se trouve près de chez moi.
Je ne suis ni fâché, ni déçu de ma vie, ni de Dieu d’ailleurs, mais un peu déçu de ce monde, des gens, car il y a beaucoup de personnes humbles et généreuses, qui ne méritent pas de passer par toutes ces épreuves…
Nicole Roldan
Pérou
Migrations, urbanisation et travail d’enfants au Pérou
Tout au long de son histoire, le Pérou a accueilli des immigrés en provenance du monde entier et en même temps les Péruviens sont partis vers d’autres pays. A côté de la migration internationale, la migration interne et l’urbanisation ont joué un rôle important dans le développement du pays.
La migration internationale
Depuis des siècles, le pays, riche en ressources naturelles, a attiré des travailleurs de l’étranger. La société péruvienne comprend différents groupes linguistiques et ethniques, la présence des communautés asiatiques et africaines contribue à augmenter la diversité culturelle.
Les Péruviens ont eux aussi, quitté leur pays d’origine, la majorité partent vers les Etats-Unis, l’Espagne et dans les pays voisins du Pérou. La principale cause de l’émigration péruvienne est la recherche de meilleures perspectives économiques. (Plus de 80% des immigrants péruviens aux Etats-Unis ont terminé l’enseignement secondaire ou une formation universitaire, OECD).
Migration interne
La migration interne joue un rôle important depuis la deuxième moitié du 20ème siècle. Attirés par le développement économique des grandes villes, les villageois partent à la recherche de nouvelles possibilités de travail. Les causes principales sont la pauvreté dans les régions rurales et le manque de perspectives. Même si le Pérou a profité d’un énorme développement économique et de stabilité politique durant les derniers années l’inégalité persiste à cause de la distribution inégale des revenus, la discrimination de certains groupes ethniques et de structures de pouvoir figées.
Urbanisation
Prenant l’exemple de Lima, la capitale du Pérou pour comprendre les conséquences de la migration interne vers les grandes villes. Ici, des milliers de personnes arrivent chaque année à la recherche d’un nouvel emploi. Ils s’installent dans les quartiers périphériques de la ville, ils construisent leurs maisons dans les banlieues. Ces quartiers sont appelés “pueblos jovenes” (jeunes villages). Cet afflux massif de migrants a causé beaucoup de problèmes, parce qu’il n’y pas d’infrastructure suffisante pour accueillir les gens. Dans certains quartiers il n’y pas de collecte de déchets, les routes sont dans un état désastreux et il n’y pas d’eau courante. Les ressources sont épuisées, la ville avec presque 10 millions d’habitants est confrontée à une pénurie d’eau sévère.
Travail des enfants
Même si les familles habitent dans les banlieues, la vie à Lima est chère et la concurrence est énorme sur le marché de travail. Souvent l’argent des parents ne suffit pas et les enfants doivent contribuer pour pouvoir garantir le bien-être de toute la famille. Ils exercent un travail après l’école ou même pendant toute la journée. Souvent il y a des jeunes qui arrivent seuls dans la capitale.
Voici le destin de Rosa, qui à l’âge de 12 ans a quitté son village dans les montagnes pour la ville, parce qu’on lui avait trouvé un travail dans la maison d’une famille riche à Lima. Elle était en charge de tous les travaux domestiques du ménage. Nettoyer, faire le linge, cuisiner et s’occuper du bébé et ceci sans contrat de travail officiel. La jeune fille ne pouvait pas aller à l’école et n’avait pas le droit de quitter la maison quand elle le voulait. Elle était privée de contacts sociaux en dehors de la maison de ses employeurs. A l’âge de 20 ans la jeune s’est échappée. Encore aujourd’hui 30 ans plus tard, la vie n’est pas facile pour cette femme qui n’a pas de diplôme et qui a seulement accès à des emplois peu rémunérés.
Selon la loi, les enfants au Pérou peuvent commencer à travailler à partir de 14 ans. Néanmoins, le travail des enfants a une longue histoire au Pérou, depuis des siècles les enfants doivent contribuer au revenu familial. Au total, 23,4% des enfants entre 6 et 17 travaillent dans la vente, la construction, l’agriculture ou les services domestiques. Ainsi ils n’ont souvent pas la possibilité de suivre une formation scolaire adéquate. La privation de l’éducation empêche toute possibilité de développement des jeunes provenant de familles pauvres.
Objectifs
- Migration interne
- Comprendre l’importance de l’éducation pour le développement
Bibliographie
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